Vendredi 8 février 2008
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14:16
Pas facile d'être mis à contribution par la vie, de devoir accepter son lot d'efforts pour survivre.
Lorsque la vie vous lance un challenge, le psyché n'en ressort pas indemne, mais il est souvent difficile de se confier, d'admettre que l'on a envie de baisser les bras, parce l'on a rien demandé,
on voulait juste vivre comme tout le monde, avec rien de plus, mais surtout rien de moins que le commun des mortels.
Il y a 31 ans de cela, j'apprenais que j'étais atteinte d'un diabète insulino-dépendant.
A l'époque, pas de suivi psychologique, pas d'autre explication que le "c'est comme ça, ce sera dur, mais il faut trouver la force de se battre", juste la constatation du mal que l'on fait subir à
ses parents, sa famille, mesurer la peur qu'ils ressentent de perdre leur enfant, et se rendre compte que le non-dit est un artifice utilisable qui satisfait tout le monde.
Faire semblant que tout va bien, répondre à l'attente de ses parents de grandir normalement, de réussir, de répondre au contrat social mariage, enfant, travail, installation ...
Et après, où en-est-on ?
Le diabète abime le corps mais en sous-marin, sans que l'on s'en rende compte, et comme j'ai toujours agit comme si rien ne pouvait me freiner, on exerce un travail à responsabilités, difficile,
qui nous oblige à faire 60 heures par semaine, et là, le couperet tombe : infarctus du myocarde à 39 ans, et l'on reprend son diabète en pleine tête.
Mais peu de choses ont changé, même si je sais qu'il faut avoir un diabète plus qu'équilibré pour espérer que la situation n'empire pas, la question est là, comment faire pour s'aimer
assez et avoir envie d'accompagner les siens le plus loin possible. La blessure est toujours présente comme au premier jour, et la question lancinante, pourquoi moi ? Il n'existe pas de
solution miracle.
Aussi, du fait de ma prédisposition à m'occuper des autres, je pense que le fait de dialoguer avec des gens touchés comme moi par la vie, pourrait me permettre de choisir de me battre.
J'entends créér une association des "accidents de la vie" qui permettrait aux gens qui se sentent injustement touchés dans leur chair ou au travers d'un proche, puissent venir s'exprimer, partager
leur douleur, leur incompréhension.
Un espace de dialogue peut également se mettre en place sur ce blog.
Qu'en pensez-vous ?
J'attends vos commentaires.
Petit message pour mes parents, mon mari, mon fils, mes proches sans lesquels je ne serais pas celle que je suis : je
vous aime plus que tout et ce diabète est bien là, mais je promets de me battre aussi longtemps que je pourrai pour vous accompagner le plus longtemps possible.
Par Valérie
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Publié dans : Coups durs
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